Je suis serveuse et je suis enceinte : ai-je droit au retrait préventif?

La réponse courte

Oui, si votre employeur ne peut pas vous affecter à des tâches sans danger. Le programme Pour une maternité sans danger de la CNESST protège la travailleuse enceinte dont le travail comporte des dangers pour elle ou pour l’enfant à naître. Pour les serveuses en restauration, la CNESST publie un protocole (PMSD 104A.2, octobre 2025) : limite d’heures et de station debout, charges limitées, pas de travail de nuit dès le début, puis pas de soir à 24 semaines. Sinon, c’est le retrait préventif.

La marche à suivre

  1. Consultez la professionnelle ou le professionnel qui fait votre suivi de grossesse dès que vous pensez que votre travail comporte des dangers. Décrivez vos vraies tâches : heures, soirs, plateaux, escaliers, terrasse.
  2. Faites remplir le Certificat visant l’affectation ou le retrait préventif de la travailleuse enceinte ou qui allaite. Pour une serveuse en restauration, le numéro de protocole est 104A.2. Si aucun protocole ne correspond, la santé publique produit un rapport.
  3. Remettez à votre employeur sa copie du certificat signé. Gardez la vôtre.
  4. Votre employeur choisit : il vous affecte à des tâches qui respectent toutes les conditions du protocole, ou, s’il ne le peut pas, vous êtes en retrait préventif.
  5. Votre dossier s’ouvre à la CNESST quand elle reçoit la demande de remboursement de votre employeur. Vous ou votre professionnel devez aviser la CNESST au plus tard 28 jours civils avant la date d’accouchement inscrite sur le certificat.

Si vous êtes en retrait préventif

PériodeQui paieMontant
5 premiers jours ouvrablesVotre employeur100 % de votre salaire habituel
14 jours complets suivantsVotre employeur (remboursé par la CNESST)90 % de votre revenu net
EnsuiteLa CNESST, toutes les 2 semaines90 % du revenu net
À 4 semaines de la semaine prévue de l’accouchementLe RQAP peut prendre le relaisPrestations du RQAP

Ceci n’est pas un avis juridique. C’est la CNESST qui décide de votre admissibilité au programme.

En clair

Ce que prévoit le protocole des serveuses (PMSD 104A.2)

Le protocole vise les serveuses d’aliments et de boissons et les barmaids en restauration. Pour vous affecter sans danger, votre employeur doit respecter toutes ses conditions :

RisqueÀ partir deCondition d’affectation
Heures de travailDébut de la grossesse; 24 semainesAu plus 40 heures par semaine, puis 35 heures à 24 semaines complétées, avec le repos hebdomadaire de 32 heures consécutives de la LNT
Repas et pausesDébut de la grossesseAu moins 30 minutes pour manger après 5 heures de travail, et des pauses pour une collation, boire et aller aux toilettes
Travail de nuitDébut de la grossesseAucune tâche entre minuit et 6 h
Travail de soir24 semainesAucune tâche entre 21 h et minuit
Horaire rotatifDébut de la grossessePas d’alternance régulière de semaines de jour et de soir. Les horaires coupés ou irréguliers ne sont pas visés.
Station deboutDébut de la grossesse; 24 semainesAu plus 6 heures cumulées par jour, puis 4 heures à 24 semaines
ChargesDébut de la grossesseRien de 15 kg et plus; de 10 à 15 kg, au plus 10 fois par quart
Chutes12 semaines; 20 semainesPas d’escabeau de plus de 1,2 m, pas de charge dans l’escalier sans main libre pour la rampe, pas de plancher mouillé ou souillé; à 20 semaines, rien de plus haut que 0,6 m
Bruit20 semainesPas de milieu où le bruit atteint 85 dBA en moyenne sur 8 heures

Quand ce protocole ne s’applique pas

Le protocole exclut notamment le travail dans un bar, une discothèque ou une salle de spectacle (un autre protocole, le 104B, vise ces milieux), le service à l’extérieur comme sur une terrasse, la livraison, la plonge, l’aide en cuisine, la sommellerie et les milieux enfumés. Si vous êtes dans l’une de ces situations, votre professionnel vérifie si un autre protocole s’applique ou consulte la santé publique.

Ce que vous gardez

La CNESST précise que vous conservez tous les avantages liés à votre emploi pendant le retrait préventif, et qu’après, votre employeur doit vous réintégrer dans votre emploi.

Si on vous congédie

Un employeur ne peut pas congédier une travailleuse parce qu’elle est enceinte : la CNESST donne cet exemple exact pour la plainte pour pratique interdite. Le délai est de 45 jours après le congédiement ou la sanction. Voyez Plainte à la CNESST pour mes pourboires : comment? pour la marche à suivre.

Erreurs fréquentes

  • Attendre que l’employeur propose quelque chose. C’est vous qui lancez la démarche avec le certificat.
  • Décrire votre poste trop vite à votre professionnel : les soirs, les terrasses et les escaliers changent le protocole applicable.
  • Accepter une « affectation » qui garde les soirs après 24 semaines ou plus de 6 heures debout par jour.
  • Oublier que la CNESST doit être avisée au plus tard 28 jours civils avant la date prévue d’accouchement.

Sources officielles

Dernière vérification:

Lu les pages CNESST sur le programme Pour une maternité sans danger, la démarche et le retrait préventif, le protocole PMSD 104A.2 (octobre 2025) et la page sur la plainte pour pratique interdite.

Encore à préciser : Les pages consultées ne disent pas si vos pourboires entrent dans le « salaire habituel » et le « revenu net » qui servent à calculer l’indemnité. Posez la question à la CNESST. Le protocole est mis à jour périodiquement : vérifiez la version en vigueur.

Toutes les questions : Travail et pourboires au Québec →

TipMax Réponses explique en langage clair les règles publiques sur la paie et le travail pour les personnes qui reçoivent des pourboires. Ce n’est pas un avis juridique, fiscal ou comptable. Les règles changent. Vérifiez auprès de l’organisme cité sur cette page (CNESST, Revenu Québec) ou d’un professionnel. L’application TipMax aide à suivre vos pourboires et votre paie; elle n’applique pas la loi et ne tranche pas les différends.